Des membres de la communauté tamoule de France, lors d'une marche de protestation à Paris le 18 mai 2026, exigeant que le Sri Lanka reconnaisse ce qu'ils qualifient de génocide tamoul ( AFP / Alain JOCARD )
Plus d'un millier de membres de la diaspora tamoule à Paris se sont rassemblés lundi pour commémorer les 17 ans de la fin de la guerre civile au Sri Lanka, demandant la reconnaissance des crimes de guerre qu'ils ont subis, a constaté un journaliste de l'AFP.
La manifestation marquait l'anniversaire du massacre de Mullivaikkal, petit village où la guerre, entamée en 1983, a pris fin en mai 2009 par un déluge de feu tuant 40.000 civils tamouls, ethnie minoritaire au Sri Lanka, selon des estimations des Nations unies.
"Tant que la justice n'est pas rendue, c'est important de commémorer", a déclaré à l'AFP Nindulan Navaneethan, membre de la Confédération des comités tamouls de France, qui organisait l'événement.
Habillés de noir et brandissant des drapeaux rouges au tigre jaune du Tamil Eelam, territoire dont ils réclament l'indépendance vis-à-vis du Sri Lanka, les manifestants ont marché de la place de la Bastille vers celle de la République.
Niraimathy Sritharan, 48 ans, est venue manifester en famille. Originaire de Kilinochchi dans le nord de l'île, elle a vécu les bombardements de l'armée sri-lankaise et a été blessée à la jambe, avant d'arriver en France en 2004.
"Peu importe là où on est né, ça ne s'oublie pas", réagit-elle, les larmes aux yeux et la voix tremblante.
Place de la République, proches de victimes de Mullivaikkal et élus français sont notamment venus déposer une rose sur une réplique d'un célèbre monument aux morts tamouls au Sri Lanka.
"Il faut nommer sans détour le génocide tamoul", clame sur l'estrade le président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, rappelant le soutien "fraternel du département pour continuer à porter (...) cette exigence de reconnaissance, de vérité et de justice".
L'élue de Bondy franco-tamoule Banuja Baskaran a appelé pour sa part le gouvernement français à "suivre les traces d'autres démocraties" et à "reconnaître officiellement le génocide tamoul", se faisant l'écho des multiples banderoles déployées par les manifestants.
La communauté tamoule demande également une enquête internationale indépendante et la reconnaissance du fait "que, conformément au droit international, les Tamouls ont le droit à l'autodétermination", insiste Nindulan Navaneethan.
De juillet 1983 à mai 2009, le gouvernement sri-lankais, dominé par l'ethnie majoritaire cinghalaise, a combattu les rebelles séparatistes tamouls dans une guerre qui a fait 100.000 morts, d'après les estimations de l'ONU.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a exhorté le gouvernement du président sri-lankais Anura Kumara Dissanyake, élu en 2024, à s'attaquer à la question de l'impunité dans ce pays d'Asie du Sud.
Les gouvernements successifs à Colombo ont toujours nié les accusations selon lesquelles l'armée aurait tué au moins 40.000 civils tamouls dans les derniers mois du conflit. Ils ont également résisté aux appels internationaux en faveur d'enquêtes indépendantes.

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